Ainsi, l’Islam est un ensemble de hautes valeurs morales. C’est pour cette raison que le Messager de Allah — paix et bénédiction sur lui — assigna l’excellence dans les bonnes manières à être les actions les plus pesantes le Jour de la Résurrection.
Les vertus sont de deux types : les vertus spirituelles et les vertus sociales. L’Islam cultive les deux types de vertus.
Les vertus spirituelles
sont celles qui touchent à la relation qui existe entre l’homme et Allah, ou d’une autre manière, celles qui n’ont pas trait aux autres hommes.
Les premières de ces vertus sont la pureté de la foi, l’amour d'Allah et de Son Messager, la pleine soumission à Allah, l’observation d'Allah, la piété envers Allah, la conviction en Allah, la confiance en Allah, la crainte de Allah, etc.
Viennent ensuite des vertus telles que la purification de l’âme, à travers sa libération de l’emprise de l’orgueil et de la vanité, à travers la pudeur, la décence, le renoncement aux ornements du bas-monde, l’endurance dans le malheur, la poursuite de l’effort, etc.
Les vertus sociales
sont celles qui touchent aux relations de l’homme avec le reste des êtres humains.
Parmi ces vertus, certaines concernent les relations de l’homme avec tous les êtres humains, qu’ils soient musulmans ou non. D’autres vertus concernent les relations qu’entretient l’homme musulman avec ses frères musulmans, avec ses proches, ses voisins, ses parents ou ses enfants. On peut ainsi citer la miséricorde, la douceur, l’indulgence, la modestie, l’honnêteté, la sincérité, la tolérance, la justice, l’altruisme, la compassion, la générosité, etc.
Parmi toutes ces vertus, certaines sont impératives pour le musulman.C’est le cas par exemple du conseil (Nasîhah), qui est le degré médian de l’interdiction des choses blâmables (nahy `an al-munkar). On sait en effet que le degré le plus élevé consiste en l’élimination des choses blâmables par la main. Mais peu de gens ont le pouvoir de réaliser cela. Le degré le plus bas est l’indignation intérieure devant une chose blâmable. Seul celui qui est impuissant et contraint peut faire cela. Reste le degré médian qui est l’expression de l’indignation par la parole, autrement dit le conseil. Le conseil est donc l’une des caractéristiques les plus importantes du musulman.
Il y a également le service qui doit être rendu aux musulmans en particulier et à tous les hommes en général. Le véritable musulman n’est pas celui qui prodigue uniquement des conseils et des recommandations. Il doit également ressentir le besoin des gens afin de leur rendre service sans aucune contrepartie. On peut citer à ce titre l’histoire mentionnée dans les biographies concernant le Messager d'Allah (salallahû 'alayhi wa salam) et le Bédouin qui était venu à la Mecque. Ce dernier possédait des biens chez Abû Jahl lequel ne voulait pas les lui restituer. Le Bédouin s’en vint alors trouver le Messager afin qu’il l’aide à récupérer son dû. Le Prophète (salallahû 'alayhi wa salam) répondit à cette requête jusqu’à le faire prendre possession de tous ses droits.
Le musulman doit également apprendre la bienséance en cas de divergence des opinions, ainsi que les règles fondamentales du dialogue et du débat. Il ne doit pas accuser les intentions de son contradicteur ou de son interlocuteur. L’histoire de Usâmah Ibn Zayd est révélatrice à cet égard. Sur le champ de bataille, Usâmah tua en effet un idolâtre après que ce dernier eut attesté qu’il n’y a d’autre divinité que Allah. Le Messager d'Allah (salallahû 'alayhi wa salam) le réprimanda sévèrement pour ce qu’il avait fait, lui disant, indigné : « L’as-tu tué après qu’il ait prononcé qu’il n’y a de dieu que Allah ? » Usâmah répondit : « Mais Messager d'Allah, il l’a prononcé par crainte de mon épée. » Le Prophète (salallahû 'alayhi wa salam) lui dit : « Parce que tu as ouvert sa poitrine pour voir s’il était sincère ou non ? » Tous les indices suggéraient pourtant que la victime de Usâmah avait réellement prononcé l’attestation de foi par crainte d’être tué. Néanmoins, Allah ne nous a pas permis d’accuser les intentions.
Le rôle de la purification de l’âme est le succès dans l’au-delà. Le Très Haut dit en effet (Traduction rapprochée et approximative du sens du Verset:) : « A réussi, certes celui qui la purifie. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt. » Sourate 91 intitulée le Soleil, Ash-Shams, versets 9 et 10.
Et Allah est le plus savant.