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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:00

"Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et j’agrée pour vous l’islam comme religion."

Souratul-Maa'idah [5:3]


L’apparition de l’innovation religieuse au sein de la communauté musulmane : aperçu historique et cause du phénomène



I/ Aperçu historique.

Le Sheikh Al Islâm Ibn Taymiyya (Qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Il convient de savoir que la majorité des innovations religieuses relatives à la science ou aux actes d’adoration ne survinrent en fait que vers la fin de la période des califes bien guidés, ainsi que nous en a informé le Prophète صلى الله عليه وسلم en disant : ‘‘Celui qui, d’entre vous, vivra verra nombre de divergences apparaître. Veillez donc à ma Sunna ainsi qu’à la Sunna des Califes éclairés et bien guidés qui me succéderont.’’ [1] 
Les toutes premières innovations qui apparurent furent celles de la prédestination (Al Qadar), d’Al Irjâ’, du chiisme et des Khawârij. Elles survinrent durant le deuxième siècle de l’ère islamique, de l’existence même des Compagnons (Puisse Allah les agréer) qui se chargèrent alors d’en réprouver les promoteurs et les adeptes. On vit ensuite apparaître, après les siècles bénis, l’innovation d’Al I‘tizâl, le développement de la divergence des opinions et de l’inclinaison vers les passions, le soufisme et l’innovation relative à l’édification des constructions sur les tombes. Et plus le temps passait, plus l’innovation gagnait en ampleur et se diversifiait. »


Tous les pays islamiques ne sont pas sur le même pied d’égalité quant à la localisation des foyers de développement de l’innovation religieuse. 
Le Sheikh Al Islâm Ibn Taymiyya (Qu’Allah lui fasse miséricorde) dit ainsi à ce sujet :
[salaf]« Les principales régions où vécurent les Compagnons du Prophète صلى الله عليه وسلم et qui constituèrent les berceaux de la science et de la foi sont au nombre de cinq : Les deux villes saintes, les deux Irak et le Shâm. C’est en effet là que se situe la source [des sciences] du Coran, du hadith, de la jurisprudence, de l’adoration et des autres disciplines islamiques. Toutes ces régions, en dehors de Médine, virent l’apparition d’innovations touchant les fondements de la religion. Ainsi, c’est à Kûfa que le chiisme et [les thèses] d’Al Irjâ’ virent le jour avant de se diffuser ensuite dans les autres contrées [du monde musulman]. 
Basra fut, elle, le berceau des innovations liées à la prédestination, à l’I‘tizâl et à certaines hérésies dans l’adoration, innovations qui se diffusèrent là encore dans le reste du monde islamique par la suite. 
La région du Shâm fut le lieu d’expression du Nasb et de l’innovation liée à la prédestination. Quant au Tajahhum, il apparut dans la région du Khurâsân, et c’est la pire des innovations.

L’apparition des innovations dans une région était fonction de l’éloignement relatif de celle-ci par rapport à la ville du Prophète صلى الله عليه وسلم. Ainsi, lorsque la division engendrée par l’assassinat du Calife ‘Uthmân (Puisse Allah l’agréer) favorisa l’émergence de l’innovation des Harûriyya
[2], Médine fut épargnée de ces hérésies. On y trouvait certes des gens qui s’adonnaient, en se dissimulant, à certaines pratiques innovées -notamment des adeptes de la secte des Qadariyya- mais ceux-ci y étaient méprisés et blâmés. Et ce, à l’inverse des différents mouvements que furent le chiisme et l’Irjâ’ à Kûfa, de l’I‘tizâl et des rites innovés à Basora, ou du Nasb dans le Shâm qui s’exprimaient au vu et au su de tous. Il a d’ailleurs été authentiquement rapporté de la part du Prophète صلى الله عليه وسلم que le Faux Messie (Ad-Dajjâl) n’y entrerait pas [3]. Médine fut en outre, jusqu’à l’époque des compagnons de l’Imâm Mâlik (Qu’Allah lui fasse miséricorde), c’est-à-dire au quatrième siècle de l’hégire, un lieu où la science et la foi [authentique] prédominaient. Et durant toute la période des trois siècles bénis, absolument aucune innovation ne s’y manifesta au grand jour. »
[/salaf]


II/ Les causes de l’innovation.

Il ne fait absolument aucun doute que c’est dans l’attachement au Coran et à la Sunna que réside le salut quant à l’innovation et à l’égarement. Allah nous dit en effet :

« Et certes, ceci est Mon chemin dans toute sa rectitude. Suivez-le donc et ne suivez pas les [autres] sentiers, car ceux-ci vous écarteraient de Sa voie… » [4]

Le Prophète صلى الله عليه وسلم nous a d’ailleurs clairement indiqué la signification de ce verset dans le hadith suivant, rapporté par Ibn Mas‘ûd (Puisse Allah l’agréer) qui a dit : « Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم nous traça une ligne et nous dit : ‘‘Ceci est la Voie d’Allah.’’ Puis, il traça, à droite et à gauche de cette ligne, plusieurs autres traits dont il dit : ‘‘Et voilà des sentiers. A la tête de chacun d’entre eux se tient un diable qui invite [les gens] à le suivre.’’ Et de réciter alors : ‘‘Et certes, ceci est Mon chemin dans toute sa rectitude. Suivez-le donc et ne suivez pas les [autres] sentiers, car ceux-ci vous écarteraient de Sa voie. Voilà ce qu’Il vous enjoint ; ainsi [Le] craindrez-vous.’’ » [5] Dés lors, quiconque se détourne du Livre et de la Sunna sera ballotté entre les différentes voies de l’égarement de l’innovation qui se disputeront son adhésion.

On peut résumer les facteurs qui conduisent à l’apparition de l’innovation dans les points suivants : l’ignorance des prescriptions de la religion, l’attachement aux passions, le fanatisme à l’égard des opinions et des personnes, la ressemblance aux mécréants et leur imitation.



1) L’ignorance des prescriptions religieuses.

Nous savons que plus le temps passe et que plus les gens s’éloignent de l’emprunte du Message [de Muhammad صلى الله عليه وسلم], moins la science se propage et plus l’ignorance se généralise. Le Prophète صلى الله عليه وسلم nous dit en effet à ce propos : « Celui qui, d’entre vous, vivra verra nombre de divergences apparaître. » [6] Il صلى الله عليه وسلم nous dit aussi : « Certes, Allah ne reprend pas la science subitement en l’ôtant des poitrines des hommes, mais Il la reprend en rappelant à Lui les savants. Lorsque alors il ne reste plus aucun savant, les gens prennent à leur tête des chefs ignorants qu’ils consultent et qui leur répondent sans science aucune, s’égarant alors eux-mêmes et égarant les gens. » [7] Par conséquent, seuls la science et les savants sont à même de combattre l’innovation en religion. Et dès lors que ces deux éléments sont absents, toutes les conditions sont réunies pour permettre l’émergence de l’innovation et l’activisme de ses adeptes.


2) l’attachement aux passions.

En effet, quiconque se détourne du Coran et de la Sunna en vient nécessairement à suivre la voie de ses passions. Allah nous dit ainsi à ce propos :

« Mais s’ils ne te répondent pas, sache alors qu’ils ne font que suivre leurs passions. Or, qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée de la part d’Allah ? » [8]

« Vois-tu celui qui prend sa propre passion comme divinité ? Allah l’égare sciemment et scelle son ouïe et son cœur et étend un voile sur sa vue. Qui donc pourrait le guider après Allah ? » [9]

Les innovations ne sont donc finalement que le fruit de l’attachement aux passions.


3) Le fanatisme à l’égard des opinions et des personnes.

L’attachement fanatique aux opinions et aux hommes constitue un obstacle et une barrière qui empêchent une personne de suivre les preuves et de connaître la vérité. Allah nous dit en effet :
« Lorsqu’on leur dit : ‘‘Suivez ce qu’Allah a fait descendre.’’, ils disent : « Nous suivons plutôt les coutumes de nos ancêtres.’’ » [10]

Or, ceci s’applique en tous points à certains adeptes d’école de jurisprudence, du soufisme ou de l’adoration des tombes. Dès lors qu’on les invite à suivre la voie du Livre et de la Sunna et à rejeter tout ce qui les contredit, ils se justifient en s’appuyant sur leur école, leur cheikhs ou leurs ancêtres.


4) La ressemblance aux mécréants et leur imitation.

C’est l’une des plus importantes voies conduisant à l’innovation, ainsi que cela nous est précisé dans le hadith d’Abû Wâqid Al-Laythî (Puisse Allah l’agréer) qui a dit : « Alors que nous étions de conversion récente à l’Islam, nous sortîmes avec le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم lors de la campagne de Hunayn. Passant auprès d’un arbre, appelé ‘‘Dhâtu Anwât’’, où les polythéistes avaient pour usage de se rassembler et d’accrocher leurs armes, nous dîmes : ‘‘Ô Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم ! Attribue-nous un arbre semblable à celui-là !’’ Et le Prophète صلى الله عليه وسلم de répondre alors : ‘‘Allah est le plus grand Grand ! Je jure, par Celui entre les Mains de qui est mon âme, que vos propos sont identiques à ceux que tinrent les enfants d’Israël à Mûsâ صلى الله عليه وسلم lorsqu’ils lui demandèrent : « Assigne-nous une divinité comme la leur. » Vous êtes assurément en train de suivre les traditions de ceux qui vous ont précédés.’’ » [11]

Ce hadith nous montre donc que c’est la volonté de ressembler aux mécréants qui amena les Juifs à présenter cette répugnante demande [à leur Prophète], à savoir : de leur instituer une divinité qu’ils auraient pu adorer et dont ils auraient pu rechercher les bénédictions en dehors d’Allah. Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui, puisqu’une grande majorité des musulmans imitent les mécréants dans l’instauration de pratiques relevant de l’innovation ou de l’associationnisme. 
Citons ici, entre autres : les fêtes de commémoration de certains anniversaires, l’assignation de jours ou de semaines pour des actions spécifiques, la célébration de certaines occasions religieuses et de cérémonies de souvenir, l’édification de statues et autres mémoriaux, sans oublier toutes les pratiques innovées liées aux offices funéraires ainsi que l’édification de constructions sur les tombes. » 

Post-Scriptum :

Source :
Extrait de l’ouvrage : « Al Irshâdu Ilâ Sahîhi-l-I‘tiqâd Wa-r-Raddu ‘Alâ Ahli-sh-Shirki Wa-l-Ilhâd. »

Auteur :
Sheikh Sâlih ibn Fawzan ibn ’abdillah al fawzân

Traduction :
L’équipe de Sounna.com.

Notes :

[1] Rapporté par Abû Dâûd, At-Tirmidhî et Ibn Mâjâ, ce hadith est authentique.

[2] Autre appellation donnée aux Khawârij. (Le Traducteur)

[3] C’est-à-dire : à Médine. (Le Traducteur)

[4] Coran S6 V153.

[5] Rapporté, entre autres, par Ahmad, Ibn Hibbân et Al Hâkim

[6] Tiré d’un hadith rapporté par Abû Dâûd et At-Tirmidhî qui l’a jugé : « Hasan-Sahîh »

[7] Cf : « Sahîh Ibn Hibbân ».

[8] Coran S28 V50.

[9] Coran S45 V23.

[10] Coran S2 V170

[11] Rapporté par At-Tirmidhî qui l’a jugé authentique.

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Published by 會 Al-Haqq 會 - dans Bid'a - Innovations religieuse
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